La naissance de mon bébé espoir!

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\ Accouchement du 10 juillet 2012
t Durée : 14 heures et 50 minutes
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Un chemin semé d'embûches, un parcours difficile pour accéder à ce bonheur d'être mère pour toute une vie.

Après deuxième grossesse trèèèèès difficile et un allitement complet pendant 6 mois, hospitalisation & Cie, avec cerclage.
Vendredi 06 juillet 2012(36sa+1). On m'enlève ce fil qui tient ce col de m****, ce gros bidou avec mon "bébé espoir" dedans que j'attends et que je couve depuis si longtemps.
Verdict, col ouvert à 2, très court, loulou appuie très fort sur le col avec sa tête!
Je peux reprendre une vie normale, c'est-à-dire dire marcher, me laver sans chronométrer mon temps, préparer les dernières affaires de bébé, manger assise. Le bonheur!

Lundi 09 juillet 2012(36sa+4):
15h: Première et dernière sortie depuis 7 mois, dans un centre commercial à ciel ouvert avec mon chéri et sa mère. Nous achetons quelques affaires pour bébé, je me goinfre d'une grosse gauffre au Nutella, et d'un Coca Cola. Je sais, c'est pas bien, mais je m'en fiche! 

Je suis si fière de montrer mon gros ventre moulé dans une jolie robe d'été, de voir les gens me sourire en regardant mon ventre, de me promener mains sur le bidon, chose que je n'ai jamais pu faire durant ma grossesse hormis pour aller aux échos de contrôle tous les 15 jours.
Je sens que je ne porterai plus pour longtemps ce ballon avec ma grenouille dedans, alors je profite et me pavane   
Il faut l'avouer, je suis épuisée de marcher, je n'ai plus aucun muscles, plus aucune force. Tant pis, je prends sur moi !

19h: Visite de la sage femme à domicile. Col toujours à 2, bébé appuie, rien n'a changé malgré cette longue marche! AUCUNE contraction! Le comble!
Mais j'arrête pas de la taquiner en lui disant qu'elle recevra un sms dans la nuit lui disant que je suis à la mater! Un pressentiment malgré le 0 contrax!

Je passe une bonne soirée avec chéri, on fait des câlins, chose que nous n'avons pu faire pendant 7 mois aussi.

00h : Premières contractions! Je n'y fais pas trop attention, puis elles se rapprochent, s'intensifient de plus en plus, jusqu'à 3heures du matin où elles deviennent vraiment douloureuses. Prise de spasfon, ça ne fait rien, un bon bain chaud, soulagement pendant 5 minutes puis des contractions me prennent dans les reins!


Je sors du bain tranquillement pendant que zhom, excité, comme un enfant qui attend ses cadeaux de noël, prépare toutes les affaires de maman et de bébé!
Les contractions me font tellement mal que je finis par terre et dans l'impossibilité de parler.


4h30: Ayé, nous comprenons que le compte à rebours a commencé, que nous allons avoir notre loulou bientôt, très bientôt. Je suis tout sourire entre les contractions, je suis tellement heureuse.

5h45: Arrivée à la maternité avec une valise, trois sacs et le coussin d'allaitement! Chargés comme des bourricots 
Monito. La sage femme est adorable, elle m'examine : col ouvert à deux doigts larges, elle me propose la péridurale. Je refuse et demande de l'avoir plus tard, quand on refera le point l'heure suivante.
Les contractions au monito sont très régulières et de plus en plus forte, quelle douleur!!!
Je fais moins la maline, croyez-moi! Je fais du ballon, ça me soulage!
Le papa part fumer une cigarette et pendant ce temps là, une contraction de la mort me fait tomber du ballon et je me retrouve au sol, dans l'impossibilité de me redresser,  les deux jambes bloquées en arrière. Je hûrle, j'ai mal. Il revient, je suis en larme, je me remets sur le ballon et je demande à voir la sage femme rapidement car je n'en peux plus, j'ai trop mal...

6h45: Elle vient. Col à 3, presque effacé, on me passe en salle d'accouchement. J'y suis allée en fauteuil roulant, en pleurant.


7h30: Anesthésiste, pose de la péridurale, il me fait si mal ce c***!!!!! 
On me promet que dans 15 minutes j'aurai moins mal jusqu'à plus du tout. 30 minutes passent, je crie pendant les contractions, je pleure. J'ai zhom dans mes bras qui tente tant bien que mal de me réconforter, en vain, je lui broie les mains, je l'ai même griffé à sang à un moment, le pauvre.


8h30: On m'injecte une plus grosse dose du produit pour me soulager, rien n'y fait !
Et les contractions sont là toutes les 2 minutes.


Vers 12h: L’anesthésiste revient et m'enlève la péri, pour m'en replacer une autre!  "Ah oui, elle était mal mise..."

12h30:Je souffre moins, je suis soulagée et fais quelques photos avec zhom en se disant que ce seront nos dernières photos à 2. L'émotion est là, nous sommes impatient si vous saviez, nous avons traversé tellement de choses difficiles...
Les photos resteront confidentielles, car je pourrai faire pleurer un enfant avec ma tête 


13h: On me perce la poche des eaux, le col est ouvert à 4/5, bébé fait bouchon avec sa tête alors dès qu'il gigote, ce sont les chutes du Niagara!!!
On m'injecte un produit pour accélérer le travail car ça commence à stagner à cause des deux doses de péridurales.
Et là j'ai cru que le monito allait exploser!!! Je pétais les scores! 
Nous discutons avec zhom de ce qui va se passer, la rencontre avec notre bout de chou, la suite des évènements, nous rêvons quoi, et je profite de mes derniers instants avec mon chaton dans mon gros ventre.


14h20: Col ouvert à 8 et bébé encore un peu haut. La sage femme me dit qu'on se laisse encore une bonne heure! Que le temps est long.
Zhom va fumer, il claque la porte et là je hurle qu'il revienne et je lui dit qu'il faut rappeler la sage femme. Je sens que ça pousse, c'est horrible, l'impression de faire les gros besoins et de sentir la tête de mon fils entre les jambes!

La sage femme arrive et me dit "Je vous ai examiné y'a a peine 5 minutes, ce n'est pas possible madame, c'est une impression"
Eh oh tu n'as qu'à me prendre pour une folle   
Et la elle regarde et "Vite vite, sage femme, puéricultrice, le bébé arrive est là! On m'installe!"
Ah bah voilà! je suis pas folle! je savais bien   

La tout prend forme, notre coeur bat comme jamais, je suis zen,je n'ai pas peur, j'ai juste hâte de voir mon fils et de l'avoir contre moi!

La sage femme me guide pour pousser, en 5/6 poussées sa tête se dégage, ainsi que ses épaules, et il crie. Sans même l'avoir vu, juste en l'entendant, le papa et moi sommes en larmes! Allez encore un peu de courage et il sera là!
HOP! Je l'attrape sous les aisselles et le pose contre moi, ma poitrine chaude où bat mon coeur à 300 0 à l'heure, une explosion de bonheur...
J'en ai des frissons à ce moment même.

A 36sa+5: Le 10 juillet 2012, à 14h46, Léo est né, 3KG010 pour 50 cm

Il n'est resté malheureusement que 5 minutes sur moi car il a fait une détresse respiratoire.
Après une aspiration pour tenter de le dégager, on m'a alors expliqué qu'on devait l’emmener dans la salle de réanimation des nouveaux nés, dans une couveuse pour prendre ses constantes et voir ce qui allait se passer par la suite. Comment vous dire:
j'ai pleuré une fois de plus, hurler qu'on ne m'enlève pas mon fils, que je voulais le garder contre moi... Une impression que le monde, la vie m'en voulait et qu'on allait une deuxième fois m'enlever mon tout petit, le brancher à des machines. Que des jours s'écoulent, que l'attachement se fasse de plus en plus, que l'amour grandisse et qu'il rejoigne les étoiles comme son grand frère....
Je ne saurai vous dire quel sentiment de haine et de tristesse j'ai ressentis à ce moment là.


Mon homme a pourtant tenter de me rassurer, de me réconforter en me disant que tout allait bien se passer cette fois-ci, mais je n'écoutais personne, je voulais mon bébé un point c'est tout.

Ils ont tout mis en oeuvre pour tenter de me calmer et pour apporter une couveuse dans la salle d'accouchement et prendre ses constante près de moi.
Pendant donc 30 minutes Léo est resté a côté de nous, collé à mon lit d'accouchement, dans sa couveuse avec des patch sur son petit corps, pour vérifier son coeur, sa respiration et son taux d'oxygène.


Seulement tout ne s'arrête pas là, Léo geint, il est gêné, il ne va pas bien, les pédiatres viennent donc le chercher pour l'emmener dans cette fameuse pièce dont je parle plus haut. Le déchirement, plus une parole pour personne, je suis dos a mon homme, allongée et je pleure. Je ne veux plus sourire, plus parler, plus rien croire.
Un sentiment d'injustice, pourquoi nous ? Pourquoi une deuxième fois ?

Léo est donc dans cette salle, sans moi, branché a des machines avec un tuyau dans le nez pour l'aider a respirer. Je ne peux pas aller le voir, je dois rester allongée à cause de la péridurale enfin, que dis-je ?! Des deux péridurales!
J'ai envie de les envoyer se faire... voir les roses, restons polis!
Je ne tiens pas sur mes jambes hélas...

Le papa va le voir, le prend en photo, partage ses premiers instants avec lui, le rassure. Moi je suis seule, dans la salle d'accouchement sans un bruit, les larmes coulent, les messages et appels de félicitations fusent mais je m'en fiche. J'en veux même a ces personnes qui me disent "Félicitation ! "

Au bout de 2h30, j'ai enfin le droit d'aller voir mon tout petit en fauteuil roulant, je le vois, je n'ose même pas le toucher, je suis ébahie, j'ai peur, je suis impressionnée, pourtant j'ai vu pire.
Il pleure, je n'arrive pas à lui parler, à le réconforter,c'est donc son papa qui lui chuchote de jolies choses, devant mon regard plein de larme, impuissante.


Nous resterons jusqu'à 00h30 dans cette pièce sans savoir s'il allait être transféré ou non en réanimation néonatale, ou en Unité Kangourou avec moi.

Verdict: A mon plus grand bonheur, Léo est libéré de tout ses tuyaux sauf de sa perfusion dans son petit bras tout bleu, et est placé en peau a peau contre moi. Je revis, je lui parle enfin, l'embrasse le caline, et tombe amoureuse de lui!!

Il passera sa première nuit collé à moi, et la première mise au sein sera magique.

Je me suis battue pour garder mon petit loup au chaud, j'ai réussi à tenir jusqu'à 36sa+5. J'aurai aimé l'avoir un petit plus longtemps au creux de mon ventre, seulement il était pressé de venir au monde ce bout de choux.

Aujourd'hui Léo c'est toute ma vie, ma chair, mon sang, mon amour, mon tout petit, mon bébé!

Voilà pour mon récit!

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