La naissance de mon fils, un amour de bébé d'amour...

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\ Accouchement du 23 mars 2012
t Durée : 12 heures
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Il était midi, le 22 mars, et je me sentais différente. Déjà, j'avais mal dormi toute la nuit, entre contractions, allers retours aux toilettes... Et puis j'avais comme un pressentiment.  

Alors quand, en me levant, j'ai ressenti ces contractions, j'ai décidé de les compter : "On sait jamais". Et effectivement, celles-ci reviennent toutes les 5 minutes.. Mais sans me procurer aucune douleur. Donc j'attends de voir si c'est un faux travail ou pas, et je vaque à mes occupations, on a des choses à faire, on va faire les courses, je marche un peu.  

Arrive 17h, je sens toujours ces contractions régulières qui commencent légèrement à me gêner... Mais toujours sans douleur. J'appelle la maternité, hésitant à y aller, et on me répond que "si j'avais des vraies contractions de travail, j'aurais arrêté de parler au moins une fois pendant la conversation pour me concentrer sur la douleur, mais aucun problème, je peux passer quand même pour voir si ça a avancé un peu ou pas".  

Après cet appel, je me sens un peu mieux et je me dis que du coup, ça va passer. Donc on n'y va pas, la maternité est à 35 minutes quand même. J'attends encore, je prends un bain pour voir si ça passe. Elles se calment mais restent régulières.  

Arrive 22h, et ça recommence depuis un moment à être "gênant", toujours sans douleur. On décide, au cas où, de finir la valise et de passer à la maternité, au moins pour savoir si ça a avancé depuis la dernière fois.  

23h30, on est arrivé, on me met sous monito mais la sage-femme prévient "honnêtement, je pense à un faux travail, les vraies contractions vous les reconnaitrez, elles vous plient en 4, vous coupent le souffle". D'accord, j'accuse le coup mais je m'attendais à cette réponse. Là, au monito, de pauvres contractions, et celles que je sens plus fort ne se notent même pas. Et moi je n'ose pas le dire de peur d'avoir l'air d'exagérer. La sage-femme me rassure : "ça arrive fréquemment qu'une fois à la mater, les contractions se calment, j'appelle ça "l'effet blouse blanche. J'ai accouché y a 6 mois, et ça me faisait pareil, on se sent pas crédible mais pas d'inquiétude, je vous crois si vous me dites que vous contractez!". Et elle continue "vous verrez, le pire c'est que dès que vous serez partie, elles reviendront! et peut-être même plus fort qu'avant!" donc je suis prévenue.  

On me renvoie chez moi pour faux travail, mais la sage-femme me dit bien que le travail peut commencer dans 2 minutes, 2 heures, 2 jours ou 2 semaines, et que je n'hésite pas à revenir si j'ai très mal. Je me sens rassurée suite à ça. Je me lève du lit pour partir et là, grosse contractions, je dois me rasseoir mais je ne dis rien, je me dis que c'est le truc dont la sage-femme m'avait parlé.  

On arrive à la voiture et là, encore une. La douleur est à 4/10 environ. Je me dis que ça passera, mon chéri me dit qu'on rentre, on se repose, et on avisera si ça ne se calme pas. 10 minutes plus tard, sur la route j'ai vraiment mal, douleur à 6/10, chéri me dit "souviens-toi, la sage femme avait dit que ça te ferait ça".  

On arrive à la maison, je fonce dans le bain, prends 2 dafalgans, et prie que ça agisse.  

Chéri va au lit.. J'arrive dans la chambre, il est environ 2h du matin, je commence à avoir sérieusement mal, j'ai besoin d'utiliser les méthodes de respiration que ma sage-femme m'a appris, de me mettre à 4 pattes sur mon coussin d'allaitement, parfois même je pleure de douleur, pendant que lui dort, se repose à côté de moi.  

A 3h, j'ai vraiment trop mal, il faut qu'on parte, et tout de suite. je n'en peux plus de cette douleur insoutenable. On arrive enfin à 3h30, les sage-femmes me voient arriver dans le couloir me tenant aux murs pour continuer d'avancer et ne pas m'accroupir sous la douleur.  

On m'amène directement en chambre: de toutes façons on me garde cette nuit. Je découvre un peu la pièce : de taille moyenne, 2 lits, une jolie terrasse avec une table et un fauteuil dehors, deux télés au plafond, des murs rose flashy, une jolie pièce bien vivante en gros.  

Je patiente debout, me tiens au lit avec mon chéri qui se tient derrière moi, balançant mon corps comme lui a appris la sage-femme en haptonomie. Et dès que ça ne contracte plus, je fais un peu de ballon.  

La sage-femme me contrôle : Le col n'est qu'à 1 mais effacé et bébé est très bas : il appuie, il se peut que ça aille vite. On attend ensuite, le temps que les sage-femmes préparent la salle d'accouchement. 

A 6h, enfin, elles m'appellent : vous pouvez y aller ! On entre alors vers ces portes qui font un peu peur : grandes ouvertes, 2 salles, ça semble calme... Je découvre cette nouvelle salle : un grand lit au milieu au fond, à sa gauche l'endroit ou bébé sera soigné à son arrivée, à sa droite la machine du monito. Encore un peu plus loin un canapé bleu avec pleins de coussins. A droite du canapé une super baignoire à remous. Ca donne envie tout ça. Lumières tamisées. Je remarque aussi la télé au plafond. La douleur est très forte, je n'écoute plus personne pendant les contractions. Je prends un bain, ça me calme un peu mais la douleur est plus que présente.   A 6h30 nouveau contrôle, j'ai peur, si peur du verdict, que ça n'avance pas, que ce soit un faux travail..  

Bon, col à 2, bébé toujours bien bas... Nouveau monito pour le coeur et les contractions, je tente de patienter mais j'ai très mal. Je n'en peux plus, je hurle tout ce que je peux, je pleure car je ne suis qu'à 2. Je vois cette fenêtre et j'ai ces pensées "si je sautais, je n'aurais plus mal", j'en suis à ce stade de douleur... Mais je tiens car je sais qu'au bout, ce bébé qu'on a vu et senti grandir 9 mois sera enfin dans nos bras.  

A 7h, la sage-femme a sûrement eu pitié : elle m'a proposé la péridurale. Elle l'a fait pendant une contractions, je voulais hurler "OUIII VIIITE" mais je n'ai que pu la repousser en attendant, prise de nausée, concentrée uniquement sur ma douleur. Dès que la contraction est passée, elle me redemande, j'accepte avec espoir et plaisir. L'anesthésiste arrive 10 minutes plus tard, elle semble très douce et gentille. Je demande à ma sage-femme si ça fait mal, elle me dit que "franchement ça fait très mal, surtout l'anesthésie.. Mais après ça ira mieux". Alors j'ai peur, je crie, je tremble de tous mes membres.
Damien passe dans la pièce d'à côté, il ne veut pas voir. On me dit de faire le dos rond et je m'excuse de ne pas y arriver, je me sens nulle, je me sens trop douillette, je me dis que je n'ai même pas tenu jusque 3 pour avoir cette péri...  

Finalement je sens l'aiguille, j'ai assez mal mais ça va... Puis elle injecte le produit anesthésiant. Je hurle tout ce que je peux, ça brûle, je me cramponne à ma sage-femme.. Puis enfin ça va mieux. Ensuite c'est à la péri d'être posée, je continue de trembler comme une feuille. Je sens l'aiguille, j'ai un peu mal mais rien de comparable. On me remet en position sur le dos, j'ai peur de bouger avec ce fil dans le dos, et cette perfusion d'eau et d'ocytocine dans la main, puis le tensiomètre accroché à mon bras. Je me sens câblée de partout. Et j'attends...  

10 minutes plus tard, elle fait effet : je sens qu'on me touche, je sens mes cuisses, mais je ne sens ni la douleur, ni le chaud, ni le froid, c'est une sensation vraiment étrange... Les contractions, elles, passent inaperçu. Je me repose enfin. La seule chose qui me fait mal maintenant, c'est ce cathéter que j'ai planté dans la main, qui me dérange pour tous mes mouvements. Je demande à l'enlever mais c'est trop risqué, faut une entrée si je fais une hémorragie, et puis l'ocytocine aide à l'avancée du travail...  

Il est 7h30, on me recontrôle : les touchers ne font plus mal ! Mon col est enfin ouvert à 3 petits centimètres... Damien me presse pour prévenir la famille mais moi je n'y crois pas encore, j'ai toujours peur que le travail s'arrête. En fait, je ne réalise pas vraiment ce qui m'arrive... On se repose, on regarde la télé, on patiente comme on peut.   8h30, nouveau contrôle : 3 bons centimètres, ça avance, c'est pour aujourd'hui ! Je me sens bien, je dors même un peu et Damien fait pareil sur le canapé. La sage-femme pense qu'il sera là vers 18h-18h30... Je me prépare donc à un long travail.  

A 9h30 je sens quelque chose de bizarre, c'est mouillé et je ne peux pas le retenir.. Les eaux ? On me contrôle, non, pas les eaux mais du sang. La sage-femme me dit que "c'est normal, vous êtes à 5, c'est allé vite d'un coup!".  

ça y est, là j'ai enfin réalisé, plus de doute possible : Aujourd'hui je tiendrai mon fils dans mes bras. Je prends donc mon courage à 2 mains, appelle mon père et ma mère, les deux sont super contents, et n'attendent qu'une chose : que je leur annonce la naissance. Je les préviens que j'accoucherai sûrement vers 15-16h... Donc peut-être ne pourront-ils pas passer aujourd'hui. Damien fait de même avec ses parents.  

Moi, je continue tranquillement d'attendre que le travail se fasse, je ne sens rien, je sais juste que les choses avancent, je sens que "ça coule" en bas, c'est désagréable comme sensation mais ça veut dire que ça avance...   A 10h45 nouveau contrôle : Je suis déjà à 7 !! ça approche ! Finalement j'accoucherai sûrement avant 15h !   La sage-femme profite du contrôle pour me percer la poche, peut-être que ça fera avancer le travail...  

Moi je patiente comme je peux, j'en ai un peu marre et je me dis que c'est pas fini...  

Pourtant, à 11h10 déjà, je sens que bébé s'est engangé, il descend... J'appelle la sage-femme qui me dit qu'elle contrôlera à 11h30. A 11h30 j'en ai marre, je le sens descendre et j'attends qu'elle vienne me contrôler.  

Elle me redit qu'elle viendra "dans 5 minutes" et ce toutes les 5 minutes jusque 11h50... J'avais envie de la tuer. Enfin à 11h50 elle contrôle, et là verdict "ah ben oui, effectivement le bébé va arriver, j'appelle la gynécologue et on se mettra au travail dès qu'elle arrive".  

Là j'ai pris peur, "et si ça fait mal quand il sort ?!" "et si j'y arrive pas ?! Si mon bassin est trop petit, si il ne descend pas, si je ne sais pas pousser?!" Je tremble comme pour la péri, je claque des dents c'est incontrôlable, je demande à Damien de respirer lentement pour calquer ma respiration sur la sienne.  

J'ai attendu 30 minutes qui m'ont paru une éternité. Je n'avais pas mal à ce moment, mais tellement, tellement hâte de voir cet enfant que j'ai senti bouger 9 mois durant...  

12h25 donc, ma gynéco est là ! C'est parti pour la poussée, mettez vos pieds dans les étriers (facile avec une péri ! ) et allez-y, pousseeeeeeeeeeeez !  

La première fois j'ai de la peine, la deuxième fois ça va mieux, la troisième fois j'ai compris le système. J'avais peur, j'ai dit à ma gynéco que j'avais peur que la péri ne fasse plus effet ou d'avoir une épisiotomie, et de tout sentir quand bébé sortirait...
Elle m'a dit que "là, maintenant, au stade ou vous en êtes, c'est le moment le plus douloureux... Donc si vous n'avez pas mal, ne vous inquiétez pas pour la suite !"  

9-10 poussées et 22 minutes plus tard, on me dit "stoooop, il arrive ! Tendez les bras, on vous le donne!" Et là je le sens passer, c'est si bizarre ! Et hop, Nathan est dans mes bras, il est 12h47 !  

Je le regarde, ce petit truc tout gluant... Je vois ses bras, ses jambes, mais je ne comprends toujours pas.  

On me l'enlève pour le mettre à côté sur la table, lui aspirer le liquide qu'il a dans les poumons, et voir si tout va bien. On lui fait ses premières mesures : mon bébé tu pèses 3kg100 et mesures 47.5 cm...  

Enfin on le nettoie un peu et on me le rend. Damien a les larmes aux yeux et moi je parle avec la gynécologue qui me demande de pousser pour sortir le placenta, puis qui me fait 2-3 points de suture que je ne sens pas. Je demande si j'ai eu une épisio, elle me dit que non, que mon périnée n'a même pas été touché, et que c'est assez rare, je suis super contente et reboostée !  

(Plus tard, la sage-femme me dira que presque tous les autres gynéco, à un moment ou mon fils n'avançait plus, m'auraient fait cette épisio.. Et ç'aurait été pour rien. Heureusement qu'elle avait confiance et connaissait mes peurs...).  

Mes 2-3 déchirures sont minuscules, dues au passage de bébé, et superficielles.  

Et c'est à ce moment, après ma petite discussion avec madame gygy, qu'enfin je réalise... Mais c'est MON FILS QUE JE TIENS DANS MES BRAS !
C'est lui ! Lui que j'ai tellement attendu, tellement imaginé, c'est lui qui bougeait dans mon ventre il y a 5 minutes ! Je le touche, je le sens, je le serre dans mes bras... Il cherche le sein, je lui donne et il mange tout de suite. Il est rassuré. Il ne pleure plus, il regarde. Son premier regard sur ce monde...  

On restera comme ça 2h, puis on me ramènera dans ma chambre, cette chambre dans laquelle j'étais quelques heures plus tôt en train de souffrir le martyr, pensant à un faux travail...  

C'est l'histoire de la vie !

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