Pour elle ...

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\ Accouchement du 29 juillet 2011
t Durée : 14 heures

Nous sommes vendredi, le 29 juillet 2011, il est 6h30. Je me réveille … ton papa n’est pas là, il devait travailler chez sa sœur.

Des contractions m’empêchent de me rendormir, elles ne sont pas très douloureuses, ni régulières, mais gênantes. Je reste quand même dans le lit, avec le PC pour penser à autre chose. Au fond de moi je sais que cette journée ne sera pas comme les autres mais mon esprit refuse cette idée. Je ne suis pas prête, nous sommes encore à 3 semaines du terme.

 La matinée se passe au rythme des contractions. Ta sœur se réveille à 9h, et ton papa rentre vers 11h. Je leur parle des contractions qui me fatiguent, qui m’empêchent de me concentrer sur autre chose. Mais je refuse toujours l’idée que ce soit LE jour.

 Dans l’après-midi je profite que ton papa et Léna doivent s’absenter pour prendre un spasfon et me plonger dans un bain bien chaud. Je suis bien, je te sens bouger, les contractions s’espacent. Doucement le doute commence à s’installer dans mon esprit, je me prends à imaginer ce que pourrait être la suite de la journée.

Lorsque je sors du bain, le rythme reprend. La fatigue est bien présente, aussi bien physiquement que moralement. Les contractions deviennent régulières et plus douloureuses.

Léna et ton papa rentrent, ils passent du temps ensemble … je râle, je me sens seule, j’ai besoin de leur présence.

 La journée se termine. Je suis maintenant obligée de marquer un temps de pose à chaque contraction. Avec ton papa, on compte, on chronomètre, mais je lui répète que ce n’est pas le moment … en essayant de m’en persuader. Il commence à parler d’aller à la maternité. Je refuse … puis on trouve un compromis. Je reprends un spasfon, on mange et si les contractions persistent, j’appellerai la maternité.

Le repas fut très rapide. Nous étions tous les trois un peu ailleurs. Ta sœur elle aussi se met à imaginer qu’elle pourrait bientôt faire ta rencontre.

 Vers 19h30, j’appelle donc la maternité, nous devons y aller. Au moins pour vérifier et être surs. Nous attendons ta Mamie qui va s’occuper de Léna, nous finissons de préparer nos affaires. Léna et ton papa sont très excités, ils arrivent même à me stresser.

A ce moment-là, je suis vraiment perdue entre ma tête et mon corps … C’est assez bizarre.

Ta Mamie arrive, nous promettons à Léna de lui donner des nouvelles dès que possible.

 Nous arrivons à la maternité vers 20h45. La personne qui nous accueille me trouve en forme, trop même et se demande bien ce que l’on vient faire là ! Elle nous dirige vers la salle d’examen. Nous faisons connaissance de Valérie, la sage-femme qui nous accompagnera ce soir. Elle m’installe pour le monito : pas de surprise, les contractions sont bien marquées et assez rapprochées, toutes les 3 minutes. J’ai mal, je ne suis pas à l’aise sur le dos. La sage-femme revient pour m’examiner : col complètement effacé et dilaté à 4.

 Il n’y a maintenant plus de doute.

Ton papa va passer quelques coups de fil. Moi je craque : je dois accepter que ce soit la fin de l’aventure que nous venons de vire, le début d’une autre.

Les contractions deviennent alors beaucoup plus douloureuses, plus rapprochées … mon esprit permet enfin à mon corps de lâcher prise. Il est 21h20.

La sage-femme me propose de prendre un bain et d’aviser pour la suite après. Les premiers instant dans l’eau chaude me soulagent mais très vite la douleur reprend le dessus, les contractions sont trop fréquentes et je n’arrive pas à me détendre, je me laisse envahir par la douleur. Je ne gère plus et demande à ton papa de prévenir la sage-femme. Je veux la péridurale, je sais que je n’y arriverai pas.

Je vais donc en salle d’accouchement. Il est 22h10. Chaque contraction m’emporte un peu plus, je n’ai plus de répit, elles s’enchainent.  Je répète que je n’y arriverai pas, que je ne gère plus. Ton papa fait ce qu’il peut pour me soutenir, m’aider … mais je me referme, je m’en veux tellement de perdre le contrôle.

Et puis, d’un coup, j’ai très envie de pousser … je le dis, je le cri … je pousse …  la poche des eaux se rompt. La sage-femme arrive, elle me dit que l’anesthésiste sera vite là et propose de m’examiner. Mais surprise : tu arrives !! Je dois oublier la péridurale tant espérée. Je cri que non, ce n’est pas possible, je ne pourrais pas, je ne veux pas … j’ai mal, trop mal et j’appréhende la douleur qui m’attend encore. La sage-femme m’encourage, je dois me laisser aller et pousser. Je pousse … je cris … j’hurle … je ne me contrôle plus, je ne me reconnais plus …

Deux minutes plus tard, tu es là, sur mon ventre … sans que je ne comprenne, sans que je ne réalise vraiment. Tu es si petite, si fragile … et tu ressembles tellement à ta sœur ! Je ne sais toujours pas si tu es Louise ou Marius … Je te câline, je t’embrasse, je te parle et te découvre. Bienvenue Louise. Nous allons faire connaissance plus de 2h, en peau à peau, ton papa tout à côté, attentif à nos besoins. Nous t’aimons déjà si fort …

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50 pts

Commentaires

  • chouppy95 Félicitation pour ce bel accouchement ;) j'ai beaucoup aimé vous lire, dans votre recit on reconnait parfaitement cette phase de desesperence si redoutée des mamans accouchant sans périduralee...vous l'avez fait félicitation :D
    il y a plus de 6 ans
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